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03.08.2026 12:41 AM
EUR/USD. La semaine des « quatre grands » : ISM, JOLTS, ADP et NFP décideront du sort du dollar

Dans les prochains jours, les traders évalueront les indices ISM ainsi que les données JOLTS/ADP, avant de conclure la semaine avec les chiffres des créations d’emplois non agricoles (NFP) de juillet, qui détermineront en grande partie les anticipations du marché concernant les perspectives de politique monétaire de la Federal Reserve.

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Bien entendu, les évolutions géopolitiques resteront au centre de l’attention, notamment à la lumière des récentes décisions du président américain. Donald Trump, par exemple, a récemment annulé une frappe de grande envergure contre l’Iran. Il a déclaré que les États‑Unis étaient prêts à utiliser contre Téhéran une force militaire « jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale », mais qu’il avait renoncé à l’attaque après des communications avec les autorités iraniennes et d’autres pays du Moyen‑Orient. Selon le président, les négociateurs sont parvenus à s’entendre sur les principaux paramètres d’un futur accord, qui devrait prévoir la réouverture immédiate et complète du détroit d’Ormuz ainsi que l’arrêt du programme nucléaire iranien.

Les autorités iraniennes n’ont pas confirmé les accords mentionnés par Trump, laissant ainsi planer le doute. De plus, selon Axios, le prince héritier d’Arabie saoudite aurait effectivement demandé au président américain de s’abstenir de nouvelles frappes contre l’Iran. Parallèlement, des médiateurs du Qatar ont mené des discussions avec le ministre iranien des Affaires étrangères et des représentants d’Oman afin de débloquer le détroit d’Ormuz. Le fait que le président américain ait renoncé à toute escalade supplémentaire laisse penser que les parties sont effectivement parvenues à un certain compromis.

Si Washington et Téhéran reviennent à la table des négociations, le dollar subira une pression supplémentaire. À mesure que les tensions géopolitiques s’atténueront, les intervenants de marché devraient se tourner davantage vers les actifs plus risqués (y compris l’euro), tandis que la demande pour le billet vert continuera de s’affaiblir.

En outre, le contexte fondamental du dollar s’est dégradé à la fin de la semaine dernière, lors de la publication des données sur la croissance économique américaine et sur l’indice PCE de base.

Pour résumer brièvement, les estimations préliminaires indiquent que la croissance du PIB des États‑Unis a ralenti à 1,5 % en glissement annuel au deuxième trimestre (contre 2,1 % au premier trimestre). Ce résultat est inférieur aux attentes du marché, renforçant les craintes d’une perte de dynamisme économique. Parallèlement, l’indice PCE de base n’a augmenté que de 0,1 % sur un mois (contre une prévision de +0,2 %). Sur un an, il a ralenti à 3,3 % (après un pic précédent à 3,4 %).

Ces chiffres plus faibles que prévu sur la croissance et l’inflation ont nettement affaibli la devise américaine. L’indice du dollar américain est tombé à un plus bas de six semaines, à 99,57, tandis que la paire EUR/USD marquait, en miroir, un plus haut de six semaines à 1,1547.

Les publications clés de la semaine à venir pourraient soit accentuer la pression sur le billet vert, soit l’aider à regagner le terrain perdu.

Le premier véritable test pour le dollar sera l’indice ISM manufacturier, qui sera publié le lundi 3 août. Il convient de noter que le secteur manufacturier américain a affiché une résilience inattendue au cours des six derniers mois, se maintenant en zone d’expansion, c’est‑à‑dire au‑dessus du seuil des 50 points. Selon les prévisions préliminaires, cet indicateur devrait également poursuivre sa progression en juillet, pour atteindre 54,0 (après un léger repli à 53,3 en juin). Si, contrairement aux attentes, l’indice manufacturier se rapproche de la « ligne rouge » des 50 points (et a fortiori s’il passe en zone de contraction), le marché y verra une nouvelle confirmation du ralentissement de la croissance économique. Dans ce cas, le dollar subirait une forte pression, les traders commençant à intégrer un pivot plus rapide de la Fed vers un assouplissement de la politique monétaire.

Le rapport ISM sur les services (attendu mercredi) ne sera pas moins important pour le billet vert : il est anticipé en hausse à 54,5 en juillet, après un léger repli à 54,0 en juin. Comme on le sait, le secteur des services demeure le pilier de l’économie américaine, représentant une part importante du PIB et de l’emploi. Ainsi, l’indice ISM Services pourrait se révéler encore plus significatif que l’indice manufacturier. S’il entrait dans la « zone rouge » (même en restant au‑dessus du seuil des 50 points), le dollar ferait face à une nouvelle vague de ventes.

Outre les indices ISM, les publications clés sur le marché du travail américain donneront le ton des échanges sur la paire EUR/USD : JOLTS, ADP, NFP. Le rapport JOLTS est considéré comme l’un des principaux indicateurs préliminaires avant les Nonfarm Payrolls, car il permet de savoir si les entreprises maintiennent une forte demande de main‑d’œuvre ou commencent à réduire leurs embauches. La plupart des analystes anticipent une baisse des offres d’emploi en juin, à 7,420 millions (contre 7,59 millions précédemment). Il s’agit d’un indicateur clé. Cependant, pour le dollar, le scénario le plus négatif serait la combinaison d’une baisse des offres d’emploi, d’un affaiblissement des embauches et d’une hausse des licenciements, un tel signal indiquant un refroidissement progressif du marché du travail américain.

Le marché considère également le rapport ADP comme un indicateur préliminaire avant les NFP, même si sa corrélation avec les données officielles s’est nettement affaiblie récemment. Compte tenu du net ralentissement des Nonfarms en juin (seulement +57 000 nouveaux emplois), les chiffres ADP de juillet permettront de déterminer si le secteur privé continue de se refroidir ou si la faiblesse précédente n’était qu’un accident de parcours. Selon les prévisions, l’emploi dans le secteur privé ne devrait augmenter que de 70 000 en juillet. Un rapport ADP faible (en particulier si le chiffre tombe sous la barre des 50 000) accentuera les craintes que les problèmes du marché du travail américain deviennent plus structurels. Un tel « aperçu » avant les NFP pourrait exercer une pression significative sur le dollar. À l’inverse, un résultat solide (au‑delà de 120 000‑150 000) pourrait modifier le sentiment de marché, surtout s’il s’accompagne d’une hausse de la composante emploi de l’ISM Services.

Enfin, le principal événement macroéconomique de la semaine pour l’EUR/USD sera la publication du rapport officiel sur le marché du travail américain pour le mois de juillet. Sa diffusion est traditionnellement prévue le vendredi (7 août). Il constituera un repère clé pour évaluer la résilience de l’économie américaine et la trajectoire future de la politique monétaire de la Fed. Après le mauvais chiffre de juin, le marché cherchera à répondre à la question centrale : cette faiblesse était‑elle « conjoncturelle », c’est‑à‑dire temporaire, ou le marché du travail a‑t‑il réellement commencé à perdre de sa vigueur ? La plupart des analystes pensent que le nombre d’emplois dans le secteur non agricole n’augmentera que de 88 000 en juillet – à peine plus que le mois précédent (+57 000). Un tel résultat confirmerait la poursuite de la tendance au refroidissement du marché de l’emploi.

Le taux de chômage aux États‑Unis devrait rester inchangé, à 4,2 %. Toutefois, dans ce cas, le marché ne se contentera pas du chiffre brut, il en évaluera aussi la qualité. Si le taux de participation à la population active recommence à baisser (en juin, cet indicateur était tombé à 61,5 %), alors la statistique de chômage « flatteuse » ne reflétera qu’un retrait d’une partie des Américains du marché du travail, et non une dynamique solide des embauches. Un ralentissement de la croissance des salaires est également attendu – à 3,3 % en glissement annuel, après une hausse à 3,5 % le mois précédent.

On le voit, même le scénario conforme aux prévisions pourrait peser sur le billet vert. Mais si la publication tombe clairement en zone rouge (en particulier si la création d’emplois passe sous les 75 000, si le taux de participation atteint un nouveau plancher et si l’indice des salaires descend au‑dessous de 3,3 %), le dollar subira une pression extrêmement forte sur l’ensemble du marché.

Sur le plan technique, sur l’unité de temps H4, la paire EUR/USD se situe entre la ligne médiane et la ligne supérieure de l’indicateur Bandes de Bollinger, ainsi qu’au‑dessus de l’ensemble des lignes de l’Ichimoku, qui a formé un signal haussier de « Parade of Lines ». De tels signaux indiquent un biais haussier, même si des conditions de surachat local peuvent entraîner une légère correction. Les replis correctifs baissiers sont à considérer de préférence comme des opportunités d’ouvrir des positions longues, avec pour premier et, à ce stade, unique objectif 1,1590 (la limite supérieure du nuage Kumo sur D1). Le dépassement de cette résistance ouvrirait la voie aux acheteurs vers la zone de la seizième figure.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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