empty
 
 
13.07.2026 12:55 AM
EUR/USD. Aperçu hebdomadaire. Le « dossier iranien », l’IPC américain et les débuts de Warsh au Congrès

Une semaine chargée s’annonce pour les traders de la paire EUR/USD. Riche en informations et donc potentiellement volatile. L’attention se portera sur les chiffres de l’inflation américaine pour le mois de juin, l’audition de Kevin Warsh, président de la Federal Reserve, pendant deux jours devant le Congrès, ainsi que sur l’évolution des négociations entre les États-Unis et l’Iran après une nouvelle escalade au Moyen-Orient.

This image is no longer relevant

Géopolitique

On peut supposer que la nouvelle semaine de cotation commencera par une hausse des prix du pétrole et un renforcement du dollar américain sur fond des événements récents au Moyen-Orient. Dimanche, le U.S. Central Command a annoncé une troisième vague de frappes sur des cibles iraniennes en réponse à une attaque contre un navire civil dans le détroit d’Ormuz. Cette attaque avait été déclenchée par une frappe visant un porte-conteneurs battant pavillon chypriote qui traversait le détroit.

En réponse, Téhéran a de nouveau frappé des installations militaires américaines au Moyen-Orient. En particulier, les autorités du Qatar, de Bahreïn et des Émirats arabes unis ont signalé l’activation de leurs systèmes de défense aérienne.

L’Iran a également annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, à la suite de quoi le trafic maritime s’est réduit au minimum. Selon les données de l’agence de suivi maritime MarineTraffic, seuls quelques navires ont franchi Ormuz dimanche.

Il semble que, dans les prochains jours, les États-Unis et l’Iran continueront d’échanger des déclarations fermes, accompagnées d’actions militaires limitées. Parallèlement, le canal diplomatique restera très probablement ouvert : les parties poursuivront des consultations à huis clos par l’intermédiaire de médiateurs, cherchant à créer les conditions d’une reprise des négociations.

À mon avis, la probabilité d’un abandon complet de la diplomatie paraît aujourd’hui plus faible que celle de son rétablissement. Les deux camps ont déjà investi des ressources politiques importantes dans le processus de négociation, et l’alternative à une trêve serait un conflit régional prolongé, aux conséquences économiques (et politiques) sévères tant pour l’Iran que pour les États-Unis.

Tout cela suggère que, dans les prochains jours, la dynamique de l’EUR/USD sera essentiellement déterminée par le degré d’aversion au risque sur le marché des changes. Si, après un nouvel épisode d’escalade, Washington et Téhéran reviennent à la table des négociations (comme par le passé), l’attention des traders se déplacera rapidement de la géopolitique vers les facteurs macroéconomiques. Dans ce cas, les données d’inflation de juin aux États-Unis passeront au premier plan – en particulier les statistiques CPI et PPI, qui pourraient sensiblement modifier les anticipations concernant les actions futures de la Federal Reserve.

Données macroéconomiques

Les rapports macroéconomiques les plus importants pour l’EUR/USD cette semaine seront publiés aux États-Unis mardi et mercredi. Tout d’abord, nous prendrons connaissance de l’indice des prix à la consommation (CPI) de juin le 14 juillet. Selon la plupart des analystes, l’indice global devrait légèrement ralentir à 4,0 % en glissement annuel (certaines estimations évoquent 3,9 %) après un bond à 4,2 % en mai. Cette évolution sera alimentée par la baisse des prix de l’énergie.

Cependant, l’indice des prix à la consommation de base devrait rester au niveau de mai (c’est-à-dire à 2,9 %), reflétant la persistance des pressions sur les prix dans le secteur des services. Il est important de noter que la dynamique de l’inflation sous-jacente sera déterminante pour les anticipations du marché concernant les actions futures de la Fed. Si le CPI de base est conforme aux prévisions ou se situe dans la « zone verte », le marché confortera l’idée que l’autorité monétaire ne se pressera pas de réduire les taux d’intérêt dans un avenir prévisible. En outre, la possibilité d’un durcissement de la politique monétaire au second semestre restera à l’ordre du jour. Un tel scénario soutiendra le dollar même si l’indice « global » montre un ralentissement. À l’inverse, une baisse inattendue de l’indice de base renforcerait le sentiment « dovish » sur le marché, exerçant une forte pression sur le billet vert.

Le lendemain, 15 juillet, un autre indicateur clé de l’inflation sera publié aux États-Unis : le Producer Price Index (PPI). Selon les prévisions, l’indice global devrait reculer à 6,3 %, après un record de 6,5 % en mai. L’indice de base devrait rester inchangé à 4,9 %. Là encore, en ce qui concerne l’impact sur l’EUR/USD, c’est la composante de base qui sera décisive, car elle permet d’évaluer la persistance des pressions sur les prix hors éléments volatils. Si le PPI confirme que les prix de sortie des producteurs restent élevés, cela apportera un soutien supplémentaire à la posture « hawkish » de la Fed.

Outre les rapports sur l’inflation, la volatilité de la paire EUR/USD pourrait être accentuée par les chiffres des ventes au détail américaines de juin, qui seront publiés jeudi 16 juillet. Après une publication de mai étonnamment solide, où les ventes nominales ont bondi de 0,9 % (et le groupe de contrôle, directement pris en compte dans le calcul du PIB, a progressé de 0,7 %), le rapport de juin montrera si ce pic n’était qu’un effet nominal inflationniste (lié à la hausse des prix de l’essence) ou si l’activité des consommateurs conserve réellement son dynamisme malgré la politique restrictive de la Fed. Le consensus anticipe un ralentissement de la croissance globale à 0,3 % (groupe de contrôle – 0,4 %). Pour les partisans d’un dollar fort, il est important que ces indicateurs restent en territoire positif, c’est‑à‑dire au‑dessus de zéro.

Les débuts de Warsh au Congrès

La comparution sur deux jours du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, devant le Congrès (mardi, mercredi) sera l’un des événements clés de la semaine à venir. Les traders suivront de près son appréciation des risques d’inflation, de la situation sur le marché du travail et des perspectives de politique monétaire.

Compte tenu de la rhétorique de Warsh lors de la réunion de la Fed en juin, on peut supposer qu’il insistera sur la persistance de l’inflation et sur la nécessité de maintenir les taux au niveau actuel jusqu’à l’apparition de signes convaincants de ralentissement des pressions sur les prix. Il s’agit du scénario de base pour son intervention.

La principale inconnue sera de savoir si Warsh signalera que la Fed est prête à un scénario plus agressif. S’il laisse clairement entendre qu’une hausse des taux au second semestre est possible, le dollar bénéficiera d’un soutien significatif sur l’ensemble des marchés. À l’inverse, s’il suggère un passage rapide vers un assouplissement de la politique monétaire malgré les prévisions, le billet vert subira de fortes pressions. Il convient de noter qu’il s’agira de la première audition de Kevin Warsh devant le Congrès en tant que président de la Fed ; tout changement dans sa rhétorique (par rapport à la réunion de juin) pourrait donc accroître la volatilité sur le marché des changes.

« Technique »

Le tableau technique de l’EUR/USD indique un affaiblissement de l’impulsion baissière et une transition vers une « phase de consolidation » avant une semaine volatile. Sur le graphique quotidien, la tendance baissière de fond reste intacte sous le nuage Kumo, mais la paire a trouvé un support local à 1,1330 (ligne inférieure des Bandes de Bollinger en D1) et évolue dans une fourchette étroite de 1,1370 – 1,1460. Sur le graphique en quatre heures, un fort resserrement des Bandes de Bollinger signale une baisse de la volatilité et une « compression du ressort » du marché, tandis que l’entrelacement des lignes Tenkan-sen et Kijun-sen confirme une parité temporaire des forces entre haussiers et baissiers. Si l’aversion au risque se renforce de nouveau sur le marché et que les rapports clés de la semaine sont favorables au billet vert, les vendeurs enfonceront le support des 1,1400 (ligne inférieure des Bandes de Bollinger coïncidant avec la borne basse du nuage Kumo en H4) et tenteront de retester le seuil de 1,1330 (ligne inférieure des Bandes de Bollinger en D1).

Un scénario alternatif se matérialisera si l’appétit pour le risque se rétablit (c’est‑à‑dire si les États-Unis et l’Iran reviennent à la table des négociations) et si l’ensemble des composantes du CPI et du PPI ralentissent. Dans ce cas, la paire pourrait sortir par le haut du biseau au‑dessus de 1,1460 pour aller tester les limites de la zone des 1,15.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

Recommended Stories

Can't speak right now?
Ask your question in the chat.