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La paire croisée EUR/CHF a entamé la mi-semaine sur une hausse assurée, se traitant autour de 0,9220–0,9230 après avoir rebondi sur les plus bas de début juin, proches de 0,9130. La paire affiche une tendance haussière stable, sur fond de divergence marquée entre les politiques monétaires de la Banque centrale européenne (ECB) et de la Banque nationale suisse (SNB).
À la différence de nombreuses autres paires de devises dominées par le dollar américain, la dynamique de l’EUR/CHF est déterminée par deux facteurs spécifiques : d’une part, l’ECB relève ses taux pour la première fois depuis septembre 2023 dans un contexte de choc d’inflation énergétique ; d’autre part, la SNB continue de s’appuyer sur les interventions sur le marché des changes comme principal outil pour contenir l’inflation et préserver la compétitivité de l’économie suisse.
Le 11 juin, la Banque centrale européenne a annoncé, comme prévu, une hausse de 25 points de base de ses principaux taux directeurs. Par conséquent, les taux des opérations principales de refinancement, de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt s’établissent désormais respectivement à 2,4 %, 2,65 % et 2,25 %.
Bien que la hausse de taux ait été largement anticipée par les marchés, un signal important est que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a conservé un ton prudemment restrictif, reconnaissant les risques de nouvelles pressions inflationnistes liées à la hausse des prix de l’énergie. Cela a permis aux marchés de maintenir leurs anticipations d’une éventuelle deuxième hausse de taux dans les prochains mois.
À l’inverse de la BCE, la BNS se trouve dans une situation totalement différente. L’inflation en Suisse demeure faible, ce qui permet à la BNS de maintenir son taux directeur à 0,00 % (sans envisager de le relever). Son principal instrument reste plutôt les interventions sur le marché des changes.
Depuis la dernière réunion, les déclarations des représentants de la BNS ont mis l’accent sur la volonté accrue de la banque d’intervenir sur le marché des changes. Le président Schlegel (le 3 juin) a souligné que « la guerre en Iran pourrait accentuer la pression sur le franc » et que la BNS avait « renforcé son degré de préparation en vue d’interventions sur le marché des changes ».
La divergence actuelle des politiques crée des conditions classiques pour un renforcement de l’euro face au franc. Tous les éléments évoqués ci‑dessus devraient soutenir l’EUR/CHF autour de 0,9200, avec une possible progression vers 0,9300 à la lumière des résultats de la réunion de la BCE.
Le franc suisse est traditionnellement considéré comme l’un des principaux « actifs refuges », au même titre que l’or. Toutefois, le conflit actuel au Moyen‑Orient révèle une dynamique paradoxale.
| Jeudi 11 juin (12 h 45 GMT) | Conférence de presse de la présidente de la BCE, Christine Lagarde | Signaux attendus sur les prochaines étapes | Principale source de volatilité jeudi |
| Jeudi 11 juin (12 h 30 GMT) | Statistiques américaines sur le PPI (Producer Price Index) | Réel : 6,5 % en glissement annuel (plus haut depuis 2022) | Impact indirect via le dollar américain |
| Fin juin | Publication des données d’interventions de la BNS pour le T1 | Hausse attendue des interventions | Signal important sur les intentions de la BNS |
| Toute la semaine | Déclarations des dirigeants des États‑Unis, de l’Iran et d’Israël | — | — |
La paire croisée EUR/CHF se situe au cœur de la divergence des politiques monétaires entre la BCE et la BNS. D’un côté, la BCE a relevé ses taux pour la première fois depuis septembre 2023 et devrait conserver un ton prudemment restrictif, les marchés intégrant trois hausses supplémentaires sur les 10 à 12 prochains mois. De l’autre, la BNS maintient son taux à zéro (0,00 %) et mise sur les interventions sur le marché des changes plutôt que sur des hausses de taux pour contenir l’inflation et soutenir la compétitivité des exportations.
Le différentiel de taux d'intérêt (200+ pdb) est un moteur clé de la hausse de la paire. Un facteur supplémentaire soutenant l’euro est le signal « prudemment hawkish » de la BCE, qui permet aux marchés de conserver leurs anticipations de resserrement supplémentaire.
La zone clé de 0,9197 (EMA144 sur le graphique quotidien)–0,9240 (EMA50 sur le graphique hebdomadaire) deviendra l’arène d’une bataille décisive dans les prochains jours.
Une cassure technique en dessous de ce niveau pourrait déclencher une correction à court terme vers 0,9170-0,9130, mais les facteurs fondamentaux (différentiel de taux d’intérêt, positionnement restrictif de la BCE) indiquent qu’un dépassement à la hausse reste probable.
Les traders doivent faire preuve de prudence et suivre de près les prochaines déclarations des représentants des deux banques centrales, les données à venir concernant les interventions de la SNB (fin juin), ainsi que l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient.